L’impôt sur le revenu, une escroquerie bolchevique

Article du blog Bibliothèque de combat du 26 juillet 2013

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Le deuxième commandement du décalogue marxiste exige ceci : un impôt sur le revenu, lourd, gradué et progressif. Je répète : Karl Marx, prophète et fondateur du Communisme tel que nous le connaissons aujourd’hui, demande dès 1848, aux fins d’arriver au communisme mondial : un impôt sur le revenu, lourd, gradué et progressif.

Presque tous les pays qui ne sont pas derrière le « rideau de fer », pays qui se disent anticommunistes, ont appliqué sur leur territoire des lois d’impôt sur le re­venu, un impôt lourd, gradué et progressif. Et cela depuis 1917, l’année même que Lénine, Trotski et Staline imposaient le Communisme, sous le nom de démocratie populaire, en Russie Soviétique.

Comme condition préparatoire au Communisme universel, Karl Marx, qui s’y connaît en fait de communisme, exige l’impôt sur le revenu ; impôt qui, suivant sa propre définition, constitue une agression despotique sur la propriété privée, impôt qui doit conduire, à la fin, à la ruine de toute propriété privée.

Nous avons cet impôt chez nous, comme il existe en Angleterre, en France, aux États-Unis, en Australie, bref dans toutes les « démocraties ». Jamais les commu­nistes n’ont été au pouvoir chez nous ou dans ces pays.

Alors comment se fait-il que nos démocrates libéraux et conservateurs aient pu incorporer pareille loi de sens, d’esprit et de but communistes dans nos statuts, une loi véritablement despotique qu’il n’est pas permis de débattre devant les tribunaux, contre les empiétements de laquelle il n’y a ni recours, ni juges, ni appel, une loi qui place la propriété des ci­toyens à l’entière discrétion de simples fonctionnaires et bureaucrates ? Vous en au­rez la réponse dans quelques instants.

Pour quiconque a étudié le communisme suivant ce qu’il est dans sa sinistre réa­lité, c’est-à-dire ailleurs que dans les bafouillages orthodoxes de propagande pour ou contre, l’impôt sur le revenu atteint simultanément trois buts communistes.

Trois buts communistes importants

1 —L’impôt sur le revenu dépouille le citoyen de son capital, sous prétexte que c’est un revenu.

Que j’hérite demain d’une vieille tante qui me lègue cent mille dollars ; je puis placer cet argent dans une société commerciale ou industrielle, qui m’en donnera annuellement environ cinq mille dollars. Je n’aurai même pas à me déplacer pour recevoir l’intérêt ou le dividende annuel, qui me sera transmis par la poste. C’est là essentiellement un revenu.

Par ailleurs, que je retire des gages, un salaire, un cachet ou des honoraires soit comme serviteur, ouvrier, artiste ou professionnel, cet argent ne m’est pas donné pour rien. Je dois le gagner, donner une valeur en échange, vendre mon énergie, mes sueurs, mon attention, mon jugement, mon expérience, mon temps, une propor­tion de la vie que j’ai à vivre. Ce n’est pas un revenu, c’est un échange de valeurs, un échange de capital-activité, de capital-habileté, de capital-création pour du ca­pital-argent. Il est bien paradoxal que, dans cet échange de valeurs, ce qu’on appelle le capital humain soit taxé, et l’autre partie, le capital-argent, ne le soit pas. Gages, salaires, honoraires, à quelques montants qu’ils se chiffrent, ne sont pas des revenus et ne le seront jamais.

Pourtant, ce sont eux qui portent le fardeau le plus lourd de l’impôt sur le revenu. Et on leur impose ce fardeau par la magie d’un mensonge vé­ritable qui engendre un vol véritable, la plus crapuleuse des escroqueries. Cet impôt de despotisme et de fraude a pour mission d’éliminer graduellement la petite bour­geoisie et d’empêcher les classes pauvres de pouvoir s’élever, comme c’est leur droit, dans l’échelle sociale.

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Nos démagogues de la démocratie, quand vous leur dites ces choses, vous répondent qu’il faut des revenus à l’État. Certes il en faut, mais au lieu de taxer l’argent gagné et devenu propriété privée des citoyens, au lieu d’aller fouiller leurs poches avant même qu’ils aient pu compter leur gain, on n’a qu’à taxer l’emploi que les citoyens font de l’argent. Je vous en parlerai de façon plus détaillée dans une prochaine occasion.

Le citoyen, employé de l’État

2 — Le deuxième but communiste atteint par l’impôt sur le revenu est de transformer le citoyen en un simple employé de l’État, exactement comme en Russie Soviétique. Le principe est absolument le même, et il n’y a de différence que dans la proportion ou le pourcentage du hold-up perpétré par l’État.

En somme, qu’est-ce que l’impôt sur le revenu veut dire, dans ses fins pratiques ? Ceci. Après douze mois de travail, l’État vous fait comparaître devant lui et, dans sa chinoiserie légaliste, vous dit ceci : « Tu as travaillé pour moi depuis douze mois, rends-moi des comptes. Tu as, par tes activités, retiré telle somme globale. Bien. L’an prochain, je veux que tu continues de travailler pour en gagner autant. Alors, afin que tu vives, je t’alloue tel montant ; pour que ta femme continue de maintenir ton foyer, je t’alloue tel montant pour elle ; pour que tes enfants ne crèvent pas complètement, je t’alloue tel mon­tant par enfant ; pour que tu aies un peu de sécurité et de paix morale durant ton travail, je t’alloue tel montant pour des assurances, des contributions religieuses et charitables. Tout ce qui reste, je le prends, ou j’en prends 20, 30, 40, 60, 80 pour cent, car c’est pour moi que tu as travaillé. Maintenant, retourne à tes occupations et, l’an prochain nous nous rever­rons ».

Et, ce que l’État arrache à l’ouvrier, ce sont les économies qu’il pourrait faire pour les mauvais jours ; ce qu’il arrache à la petite bourgeoisie, ce sont les réserves nécessaires pour les temps durs. Et la propriété privée des citoyens va se centraliser toujours davantage dans le gouffre sans fond de l’État.

En Russie, l’État prend tout le profit de l’activité humaine ; ici, nous avons exactement la même chose, sauf que la proportion de l’escroquerie est inférieure. Il faut nous habituer graduellement au système communiste, et ceux qui chez nous font ce travail, demandé par Karl Marx, ont l’effronterie, l’impudence de se dire anticommunistes ! Nos foules peuvent bien se débattre dans la confusion et les ténèbres, sans plus savoir ce qui se passe dans le monde, quand les gouvernants, les chefs du troupeau, manifestent tant d’inquali­fiable ignorance, là où ce n’est pas de la mauvaise foi, du cynisme et de la trahison.

Des peuples de tricheurs

3 — Le troisième but communiste atteint par l’impôt sur le revenu, c’est la gé­néralisation du désordre dans le peuple. Tout système politique respectable, toute forme d’administration, de quelque nom qu’on l’appelle, doit avoir, comme but fondamental, d’instaurer et préserver l’ordre dans la société. L’ordre se manifeste par le respect des lois. L’irrespect, la contemption des lois, est le plus grand désordre dont puisse souffrir une société, et cela d’autant plus que le nombre des hors-la-loi est plus grand.

Depuis que je suis sorti du camp de concentration, je me suis fait une ma­rotte de poser cette question à plus de cinq mille personnes de toutes classes et de tous rangs : « Quand vous faites votre rapport d’impôt sur le revenu, devant Dieu devant votre conscience et votre pays, est-ce que vous dites à l’État tout ce que vous devez lui dire, et est-ce que vous lui donnez tout ce que la loi exige que vous lui donniez ? » — Vous vous imaginez les regards, les expres­sions de visage et les sourires qu’on m’a faits. Mais pas un seul n’a osé me répondre : oui.

Je ne blâme pas ces gens d’essayer de se défendre contre ce que Karl Marx appelle « une agres­sion despotique contre la propriété collective ? L’écureuil ne défend-il pas à mort le tas de noisettes qu’il a travaillé à amasser pour ses petits et pour les mauvais jours ? »

Il est évident qu’il répugne à nos gens, anticommunistes, de respecter une loi de caractère communiste. Mais il n’en reste pas moins que cette loi a transformé d’innombrables foules, on pourrait dire tout un peuple, en une bande d’éludeurs, menteurs, tricheurs, rédacteurs de faux rapports, parjures au besoin : c’est-à-dire une nation de hors-la-loi. Peut-il y avoir de plus grand désordre dans la société ? Non. Karl Marx et tous ses disciples, chevaliers avant tout du désordre, n’auraient pu faire mieux eux-mêmes !

Dépossession du citoyen, établissement du principe de l’État-patron, révolte lar­vée contre la loi et désordre social, voilà une oeuvre bien marxiste, bien communiste de nos soi-disant anticommunistes au pouvoir.

 

Adrien Arcand – Le communisme installé chez nous (1966)

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