Deux héroïnes de légende pour notre époque

Mon ami Merle Noir m’envoie cet article…

Deux héroïnes de légende pour notre époque

Cassandre

Cette fille du Roi Priam de Troie est un personnage de l’Iliade d’Homère. Très belle, elle est courtisée par Apollon, qui – pour être admis à jouir de ses charmes – lui accorde le don de prophétie. Or, après avoir accepté ce don, elle se refuse au dieu qui, pour se venger, la maudit en lui crachant dans la bouche et en décrétant que personne, même dans sa famille, n’ajoutera foi aux prédictions pourtant exactes de la princesse.

Après diverses prophéties jamais crues de son entourage (quoique se vérifiant tour à tour) vient la longue guerre de siège livrée à Troie par les assaillants grecs. Cassandre – tenue pour notoirement folle – avertit les Troyens, à commencer par son père, qu’il ne faut pas faire confiance aux Grecs, repartis sur leurs bateaux, et implore Priam de laisser hors de la ville le grand cheval de bois qu’ils ont abandonné sur la plage et soi-disant consacré à Poséidon, dieu de la mer, pour s’assurer une bonne traversée de retour.

Une fois le cheval joyeusement remorqué à l’intérieur de la cité, qui s’est endormie après une soirée de liesse victorieuse plutôt arrosée, les guerriers cachés dans ses flancs en sortent et ouvrent les portes de Troie à l’armée grecque tout entière, revenue à force de rames dans le silence de la nuit. Et la sauvage mise à sac peut commencer, ainsi que la décrit Homère. L’infortunée Cassandre est violée par le héros grec Ajax, puis emmenée en esclavage à Mycènes, où la reine Clytemnestre l’assassine parce que la séduisante captive plaît un peu trop à son mari, le roi Agamemnon. Ultime et ironique détail : bien que Cassandre (qui, évidemment, connaissait d’avance son propre sort) prédise à Agamemnon qu’il sera lui aussi assassiné par son épouse, il ne la croit pas plus qu’on ne l’a crue dans sa patrie…

Antigone

Cette héroïne de la célèbre tragédie éponyme de Sophocle, fille incestueuse d’Œdipe, roi de Thèbes, et de Jocaste (mère d’Œdipe), a pour frères Étéocle et Polynice. Il était entendu qu’à la mort de leur père, les deux frères devraient régner un an à tour de rôle. Mais Étéocle, qui règne le premier, refuse de remettre le trône à son frère l’année suivante, et celui-ci décide alors de prendre de force la cité de ses ancêtres avec l’aide de guerriers argiens venus assiéger Thèbes. De ce point de vue, Étéocle est donc le défenseur de la ville tandis que Polynice en est l’agresseur.

Les deux frères ayant fini par s’entretuer, leur oncle Créon prend le pouvoir dans une Thèbes libérée et apaisée. Il accorde des funérailles convenables à Étéocle, défenseur de la cité, mais considérant Polynice comme le grand coupable de cette affaire, il interdit que le cadavre de celui-ci reçoive la moindre sépulture et ordonne qu’on l’abandonne « aux chiens et aux oiseaux ».

Les filles d’Œdipe, Antigone et Ismène, apprennent cet ordre funeste. Ismène s’y soumet, mais Antigone brave l’interdit et accorde en secret les derniers rites à son frère, parce qu’elle considère qu’il importe avant tout de respecter la justice divine, supérieure aux lois humaines, et qu’il lui faut donc exécuter les rites funéraires ordonnés par les dieux. Ces rites sont d’une importance capitale, car un mort laissé sans sépulture ne peut prendre place dans la barque de Charon pour accéder aux enfers, séjour des défunts, et tel une âme en peine, il est condamné à errer éternellement sur la rive du Styx. Une simple poignée de terre jetée sur le corps du défunt peut tenir lieu de sépulture suffisante à cet effet, mais cela même est interdit par Créon en l’occurrence.

Résumons l’essentiel de la fin : Antigone comparaît devant Créon et revendique hautement son geste illicite au nom de la supériorité de l’obéissance due aux dieux sur celle exigée par les hommes. Le souverain condamne alors sa nièce à être emmurée vivante, et Antigone se pend pour échapper à ce supplice aussi horrible qu’infamant.

Les modernes Cassandre

Leur nombre décroît sans cesse, de même que se raréfie la vertu de lucidité. Comme leur modèle, elles sont déconsidérées, dénigrées, haïes, ridiculisées, ostracisées à outrance, persécutées par ce qui tient lieu de justice, clouées au pilori par les médias presstitués et désinformateurs. Et ce dans un domaine surtout : celui de l’immigration, qui est politiquement ultrasensible, car l’immigration de masse est voulue et organisée par tous les cénacles mondialistes. On pense aussitôt à deux hommes de la même génération : Jean Raspail, écrivain bourlingueur, et Jean-Marie Le Pen, baroudeur politique. Quoique n’ayant reçu le don de prophétie ni d’Apollon ni de quelque autre dieu païen, ils n’en ont pas moins fait preuve tous deux d’une remarquable prémonition en la matière.

Dès 1973, dans son livre « Le Camp des Saints », Jean Raspail avait envisagé l’invasion de l’Europe par des hordes pacifiques d’immigrants venus d’Orient ; il avait pressenti également les réactions diverses de toutes les institutions européennes à ce cataclysme démographique : atonie de la majorité des gens, assistance empressée des pouvoirs publics, haine de soi postcoloniale, extase collaboratrice des esprits tiers-mondistes, charité auto-immune des tendres brebis conciliaires. La fin du livre est d’un calme paradoxal effrayant. Comme tout avait été mis en œuvre pour museler et pénaliser ceux qui, voyant venir le danger d’un afflux d’allochtones aussi ingérable, avaient donné l’alerte d’une manière ou d’une autre, les nouveaux arrivants continuent à débarquer par navires entiers sur les côtes de Provence et – avec tranquillité et assurance – se bornent à marcher littéralement sur le corps des autochtones, religieux catholiques en tête, venus les accueillir avec une allégresse feinte ou réelle. Bref, on assiste à la victoire prévisible de la horde sur le troupeau.

Si l’on songe à la myriade d’« assoces » vouées aujourd’hui à faciliter la submersion programmée de la France et, en général, de l’Europe occidentale par toute la misère du monde, on ne peut que saluer la clairvoyance de Raspail, qui avait tout prévu ; jusqu’à la bêtise et à l’ignominie dont font preuve – vis-à-vis du véritable viol que subissent les pays de l’Union européenne – les milieux qui ont pignon sur rue dans la « société d’accueil ». On songe en particulier à ceux d’entre eux qui, dans la « jungle de Calais », s’acharnent à favoriser l’afflux incessant de nouveaux envahisseurs revendicatifs, violents et parfaitement inassimilables, non sans prétendre « protéger » cette masse plus que remuante contre des Calaisiens terrorisés, terrés chez eux et n’en pouvant plus. Ils agissent ainsi soit au nom d’« anciennes vertus chrétiennes devenues folles »[1], soit en invoquant un altermondialisme d’ultragauche fondé sur une conception anarcho-rousseauiste de la nature humaine, la négation forcenée de toute différence entre communautés humaines et la volonté acharnée de détruire à la fois la race blanche et le christianisme (ou ce qu’il en reste).

Le livre de Raspail a été réédité en 2011 avec un grand succès de librairie, enrichi d’une introduction dans laquelle l’auteur fait part du désarroi que lui cause – plus de quarante ans après – la constatation de sa prescience… On ne surprendra personne en ajoutant que dès 1973, Jean Raspail fut traîné dans la boue par tout ce qui, à l’époque, pensait exclusivement avec le « cœur » ; mais comme le mal n’est devenu que trop évident depuis, même aux yeux des pires aveugles volontaires, la réédition récente de son livre n’a soulevé que les quelques couinements effarouchés auxquels il fallait encore s’attendre de la part des grandes âmes saignantes qui aiment tout le monde, pourvu que ce monde reste virtuel et qu’il ne s’agisse pas de leur prochain ; par exemple, la petite vieille solitaire qui achève de mourir dans l’appartement d’à côté ou le clodo du coin (surtout s’ils sont « de souche »).

Il y a des dizaines d’années que Jean-Marie Le Pen est instrumenté comme repoussoir à la fois « fasciste » et « raciste », voire « nazi » par les milieux immigrationnistes mentionnés ci-dessus. Au motif éminent qu’en ce qui concerne l’immigration, il est le tout premier homme politique à avoir tiré la sonnette d’alarme quand il en était temps encore. Afin de mieux brouiller le discours politique de Le Pen, on a jugé expédient d’invoquer sans cesse une réflexion mesurée, mais jugée hérétique qu’il avait émise au sujet du dogme citoyen (et unique) de l’« Holocauste », ainsi qu’un calembour certes calamiteux qu’il avait commis en référence à un homme politique. Et c’est tout. Depuis lors, on guette dans toutes ses déclarations publiques et privées le moindre « dérapage » (mot tueur !) qui permettra de le stigmatiser encore davantage, le plus souvent en déformant ses propos pour lui faire dire ce qu’il n’a pas dit.

Les deux brèves interventions en question, que l’anti-France aura montées en épingle ad nauseam, servent depuis des dizaines d’années à occulter le message urgent que Le Pen adresse à ses compatriotes pour conjurer la destruction de notre nation. C’est vraiment l’arbre qui cache la forêt. Et qui la cache avec une redoutable efficacité, comme en témoigne le rejet non pas viscéral, mais constamment suggéré, voire imposé de Le Pen par une grande partie de l’opinion publique. Très nombreux sont ceux qui – ne serait-ce qu’au fond d’eux-mêmes – sont entièrement d’accord avec à peu près tout ce qu’il dit depuis si longtemps, mais peu importe : ils le détestent, soit parce qu’on leur a persuadé de le détester à force de matraquage stigmatisant, soit parce qu’ils se sentent contraints à le faire publiquement de peur d’afficher un esprit « lepénisé », ou bien encore pour ces deux motifs à la fois.

Ses ennemis seront ainsi parvenus à diaboliser un homme courageux, sincère, intelligent et cultivé, comme aucun autre personnage de l’histoire récente ne l’a peut-être été, à l’exception notable du Maréchal Philippe Pétain. Tout ça pour le « détail » et « Durafour crématoire »… C’est inouï de stupidité et d’infamie, car tandis que l’on conspue Le Pen partout, notamment dans les médias aux ordres des interchangeables partis dits « de gouvernement », tous arc-boutés sur la même politique suicidaire depuis des lustres, l’immigration-invasion-colonisation-islamisation avance de plus belle, avec les résultats spectaculaires auxquels on assiste chaque jour davantage. Mais peu importe : le slogan gauchiste « Le Pen facho, le peuple aura ta peau ! » a encore de beaux jours devant lui, bien que le patronyme de l’intéressé soit brandi à présent par quelqu’un qui n’est pas plus digne de lui que ne l’est le premier socialiste ou « républicain » venu.

Que vous soyez Cassandre, Raspail ou Le Pen, les membres de l’élite auto-proclamée ne peuvent jamais vous pardonner d’avoir eu raison contre eux. Plus il s’avère que vous avez eu raison, plus vous avez eu raison avant tout le monde, moins ils vous le pardonnent, plus ils s’ingénient à vous casser. C’est là une immanquable caractéristique des salauds comme des médiocres, l’un n’excluant pas l’autre, ainsi que nos gouvernants successifs le démontrent à l’envi.

Les modernes Antigone

La princesse thébaine a sacrifié sa vie pour rester fidèle à la loi des dieux, considérant que cette dernière l’emportait sur les lois humaines, fussent-elles édictées par une autorité légalement constituée. Elle a encore quelques émules dans notre société avachie. L’un des plus méritants est Xavier Dor, qui appartient d’ailleurs à la même génération que Raspail et Le Pen (ils sont nés tous trois à quatre ans d’intervalle).

Catholique, docteur en médecine et spécialisé en embryologie, Xavier Dor a exercé à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il a aussi été maître de conférences ; il a également été chercheur en embryologie cardiaque à l’INSERM. Étant de plus catholique pratiquant, il avait en lui tout ce qu’il fallait pour devenir un opposant à l’avortement et la bête noire des avorteurs de toutes farines. C’est lui qui fut à l’origine de ce que ceux-ci ont appelé les « commandos anti-IVG ». Les actions de ces prétendus commandos consistaient à s’introduire dans des avortoirs et à s’y enchaîner en chantant des cantiques, ou bien à réciter des rosaires devant ces établissements, usant ainsi d’une arme de première catégorie dangereuse entre toutes : le chapelet. Bien entendu, un comportement aussi ennemi de l’inversion des valeurs les plus sacrées à laquelle on assiste depuis plus de quarante ans (dernièrement, avec le démentiel « mariage » des invertis, et prochainement avec la légalisation de la GPA, c’est-à-dire la bénédiction officielle d’une certaine forme d’asservissement des femmes) ne pouvait que susciter la colère et la violente réaction de ceux qui confondent féminisme et infanticide.

La guerre à outrance contre les enfants non désirés n’a cessé de s’intensifier entre l’adoption le 17 janvier 1975 de la loi Veil, qui dépénalisait l’avortement, et l’adoption le 27 janvier 1993 de la loi Neirtz, qui réprimait le « délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse ». Le docteur Dor a donc été condamné à onze reprises pour ses actions « de commando » et l’organisation de manifestations non autorisées. En mars 1996, il est condamné par la cour d’appel de Versailles à huit mois de prison dont cinq avec sursis, les trois autres devant être accomplis sous le régime de la semi-liberté. Ayant tenté de se réfugier à la nonciature apostolique de Paris pour lui demander l’asile politique, il y est si mal accueilli qu’il finit par renoncer et se constituer prisonnier ; on reconnaît bien là le courage politique de cette secte conciliaire, qui n’en a du reste plus pour longtemps avant de sombrer dans la honte de son imposture et de laisser reparaître enfin la véritable Église du Christ, qu’elle éclipse depuis cinquante ans au moins sous la direction de ses antipapes, dont chacun est pire que le précédent.

Le 11 septembre 2013, le docteur Dor est condamné en première instance à dix mille euros d’amende pour délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, en particulier pour avoir exercé des « pressions » sur une candidate à l’IVG (euphémisme crapuleusement hypocrite désignant le meurtre légal d’enfant) dans un centre de « planning familial » ; en clair, pour avoir tenté de dissuader amicalement une femme enceinte de céder aux pressions abortives d’un abattoir à fœtus. Mais il serait trop long d’égrener ici toutes les condamnations pénales infligées à Xavier Dor. Outre le traitement à répétition que lui réserve la justice, on ne le rate évidemment pas non plus dans les divers milieux adorateurs de l’avortement, ainsi que dans les médias prosternés devant tout ce qui, au sein de cette société agonisante, s’acharne à mentir, enlaidir, pourrir et tuer. Il suffit, pour s’en persuader, de consulter les pages Google consacrées à l’intéressé, qui sont autant de piloris ; la haine chimiquement pure qui s’en dégage est impressionnante (il en va évidemment de même pour Raspail et Le Pen).

On ne peut que saluer avec le plus grand respect et la plus grande admiration cet héroïque défenseur de la vie innocente et de la Loi divine qui la protège. La qualité d’un tel homme n’est que mieux mise en valeur par l’abjection de ceux qui s’en prennent à lui depuis les assemblées politiques, les prétoires et les salles de rédaction. S’il va ainsi jusqu’au bout de ses convictions, c’est d’abord parce que ses connaissance scientifiques le confirment avec force dans l’idée immémoriale et universelle selon laquelle un embryon est une personne humaine dès sa conception, qui lui donne droit à la vie ; c’est ensuite parce qu’étant catholique, il sait que dès sa conception également, ledit embryon est doté d’une âme immortelle ; c’est enfin parce qu’il sait que le jour venu, ces millions d’êtres humains sacrifiés crieront vengeance au ciel et qu’il ne veut pas se voir reprocher alors de s’être tu par lâcheté ou indifférence.

L’avortement en questions

Lâcheté et indifférence sont justement deux traits saillants de notre société à bout de souffle. Plusieurs questions viennent à l’esprit. Comment un crime aussi atroce que l’avortement, si justement réprouvé et réprimé partout et toujours, a-t-il pu être dépénalisé en l’espace de quelques mois ? Comment en est-on venu ensuite à le légaliser, puis à l’institutionnaliser, puis à le sanctuariser au point d’en faire un droit absolu de « la Femme » et de criminaliser toute contestation de ce crime ? Par quel « miracle républicain » ce qui était hier encore une abomination absolue est devenu aujourd’hui une opération de pure convenance personnelle, voire de simple confort, parfois ? De quoi sont faites des intelligences inaptes à voir dans ce revirement à 180 degrés une singularité plus que suspecte ? Quelle conscience digne de ce nom peut s’accommoder d’un tel holocauste silencieux ? Ce sont en effet huit millions d’enfants (de vieille souche française et chrétienne dans leur immense majorité) qui sont passés à l’incinérateur depuis quarante ans, cependant que ceux-là même qui ne trouvent rien à y redire – quand ils n’y sont pas favorables – se répandent en geignements devant le recul de la natalité française et que l’anti-France (personnifiée entre autres par l’ONU avorteur) pousse le cynisme jusqu’à tirer argument de ce recul pour justifier l’afflux incessant d’étrangers censés combler le déficit démographique français… Il est bel et bien là, le peuplement de remplacement que nos « élites » – ligotées par une idéologie aussi mortifère que politiquement correcte – s’obstinent encore et toujours à nier avec la dernière énergie, contre toute évidence. Et elles usent pour cela des pires expédients. Y compris le pitoyable argument selon lequel un embryon ne deviendrait une personne humaine qu’à partir de tel ou tel moment précis de la grossesse. En vertu de quel calendrier occulte ? De quelle indicible sagesse ? De quel illisible décret de la biogénèse ? Mystère, et pour cause !… Quoique l’embarras des « élites » soit palpable en la matière, Il ne faut cependant pas attendre d’elles un revirement qui les amènerait à reconnaître le statut de personne humaine à l’embryon dès sa conception, car les avorteurs enragés veillent au grain, ainsi que leurs chien(ne)s de garde de la « justice » et des médias presstitués.

Mais la lutte pro-vie ne serait-elle pas déjà un combat d’arrière-garde ? On pourrait le craindre en lisant ceci, qui nous vient des États-Unis :

« … [L]e terme d’“avortement post-natal” a bel et bien été inventé par deux philosophes, Alberto Giubilini et Francesca Minerva.

Voici ce qu’ils ont proposé dans le Journal of Medical Ethics :

« “[L]orsque des circonstances qui auraient justifié un avortement en cours de grossesse surviennent après l’accouchement, la pratique que nous appelons avortement post-natal devrait être admissible. […] [N]ous proposons d’appeler cette pratique ‘avortement post-natal’ plutôt qu’‘infanticide’ ; nous tenons ainsi à souligner que le statut moral de l’individu auquel on ôte la vie est comparable à celui d’un fœtus (…) plutôt qu’à celui d’un enfant. Nous estimons donc que le fait de tuer un nouveau-né devrait être admissible d’un point de vue éthique, et ce dans toutes les circonstances où l’est l’avortement. Ces circonstances comprennent les cas où le nouveau-né serait en mesure de mener une vie (à tout le moins) acceptable, mais représenterait un risque pour le bien-être de sa famille.”»[2]

Est-il possible d’imaginer une phraséologie plus cynique ? On nomme la chose autrement, et la voilà qui change comme par magie, devenant soudain plus acceptable par le troupeau !…

Conclusion

Cassandre et Antigone, on le comprendra, sont donc de haïssables anti-héroïnes aux yeux de notre époque où, selon une complète inversion des valeurs, le faux est devenu le vrai, le mal est devenu le bien, l’inique est devenue le juste, le laid est devenu le beau. Où l’on considère comme « une grande chance et une grande richesse » la submersion d’un continent entier – très majoritairement chrétien, et ce n’est pas fortuit ! – par des dizaines de millions d’envahisseurs aux mœurs et à la religion dominante si étrangères aux nôtres qu’il n’existe pas la moindre petite chance de faire un jour d’eux des Français. Où le massacre de millions d’innocents est présenté comme une immense avancée des « droits de l’homme » (réduits à ceux du ventre de « la Femme »), cependant que toute contestation de cette criante contre-vérité fait l’objet d’une répression très dure, comme du reste la négation du bien-fondé de l’immigration de masse.

La conclusion à tirer d’un tel aveuglement consenti, d’une telle veulerie collective, d’une aussi inimaginable schizophrénie, qui ont atteint des proportions ahurissantes aux yeux de quiconque veut bien encore regarder, écouter et réfléchir, c’est que nous en sommes arrivés au point où l’on sent que des événements encore imprévisibles ne vont plus tarder à siffler la fin de la récréation, dans tous les domaines ou à peu près. Entre autres choses, on voit bien que la cohabitation sur le même territoire – l’Europe apostate du christianisme –, entre d’une part l’effémination terminale des âmes et un laxisme tous azimuts, d’autre part une violence débridée et un rigorisme oriental moyenâgeux (bikini contre « burkini »), va déboucher tôt ou tard sur des affrontements intercommunautaires que personne n’aura les moyens moraux et matériels d’endiguer, et auprès desquels les premières escarmouches actuelles passeront pour d’aimables chahuts. Ce sera l’un des châtiments suprêmement mérités qu’il nous faudra subir pour avoir laissé s’installer l’ennemi partout, non seulement à la tête du gouvernement français comme de ses homologues de l’Union Européenne, mais encore au sommet de l’Église conciliaire, dont on ne dira jamais assez quelle responsabilité elle porte dans les maux actuels de la planète. Ce sera la punition de tous ceux – membres et subordonnés des hiérarchies cléricale ou laïques – qui auront dédaigné les Cassandre et les Antigone cherchant vainement à les remettre sur la bonne voie. Ils auront ignoré ainsi, par leur coupable désinvolture, l’existence et la puissance de celui qui est « menteur, père du mensonge et homicide depuis le commencement », se soumettant du même coup à son pouvoir.

Il existe au moins une certitude : tout sera dévoilé un jour, sinon en ce monde, du moins lors du Jugement général ; DIES IRAE, DIES ILLA… Les inconscients qui rient encore de ces choses sont à plaindre, car elles les rattraperont tôt ou tard, et ils feraient bien de les prendre au sérieux dès à présent.

De Dieu, on ne se moque pas.

Merle Noir

 

[1] « Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites. Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’on met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde. Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles. Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules. C’est ainsi que nous voyons des savants épris de vérité, mais dont la vérité est impitoyable ; des humanitaires éperdus de pitié mais dont la pitié (je regrette de le dire) est souvent un mensonge. Mr Blatchford attaque le christianisme parce que Mr Blatchford a la monomanie d’une seule vertu chrétienne, d’une charité purement mystique et presque irrationnelle. Il a une idée étrange : c’est qu’il rendra plus facile le pardon des péchés en disant qu’il n’y a pas de péchés. »
G.K. Chesterton – « Orthodoxie » (1908).
[Je doute que Chesterton pourrait encore affirmer en 2017 que « le monde n’est pas méchant », car nos contemporains suent la haine – NDLM]
[2] http://www.planetesante.ch/Magazine/Grossesse/Interruption-de-grossesse-IVG/Avorter-apres-la-naissance.
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