Sanctifions-nous !

Je donne peu de temps à mon site (et donc à ce blog) depuis quelques jours, parce que comme tout Catholique, je dois prendre de longs repos pour digérer l’époque que nous vivons.

3e57La souffrance psychologique, morale et spirituelle que nous endurons de plus en plus cruellement, ne peut se réparer que par l’oraison (beaucoup d’oraison !) et les sacrements. D’où mon absence temporaire sur internet. J’espère que ceux qui sont abonnés au blog et se demandent « pourquoi la Mésange n’écrit plus ? », comprendront.

Le web regorge d’activistes en tout genre, ce n’est pas cela qui manque ! Certains parlent de reconquérir la France par les urnes, les autres par l’opinion, les autres à l’occasion de la crise économique et démographique (« le grand remplacement ») qui s’annonce, d’autres même par les armes. La plupart évoquent la nécessité de « se former » (comme s’ils étaient persuadés que le public auquel ils s’adressent était composé exclusivement d’abrutis illettrés), ce qui est à peu près inutile comme conseil : les idiots croiront qu’il faut lire tout et n’importe quoi, voire être fidèle au journal de 20 heures de TF1, et les autres étant déjà formés, penseront avec justesse que l’orateur radote.

Toujours est-il que TOUS, ou du moins 99% d’entre eux, oublient de parler du point capital, qui est notre sanctification personnelle.

Par ailleurs, s’il faut des hommes d’armes, des rhéteurs, des polémistes, des politiques, quels fruits pourrait donc porter leur action sans le socle de roc qui est la prière ? Ils n’ont pas le temps de prier suffisamment ? Eh! c’est bien pour cela que Dieu suscite à toutes les époques, et particulièrement dans les temps de calamités comme le nôtre, des âmes qui sont consacrées spécialement voire exclusivement à cela. Toute société possède ses guerriers, ses intellectuels, et ses mystiques : soit vous combattez sur le terrain, soit vous combattez par les idées, soit vous combattez au Ciel. Vous devez fatalement entrer dans l’une de ces catégories, ou appartenir en diverses proportions à deux d’entre elles, pour n’être pas un chien crevé au fil de l’eau.

Notre vocation, que nous recevons parfois très tôt, ne s’éclaire souvent que bien plus tard, lorsque nous sommes confrontés à des situations exceptionnelles. En tant que consacrée mais vivant dans le monde, du moins juste ce qu’il faut pour gagner ma vie, et rien de plus, je n’ai compris qu’assez récemment quel était le rôle de personnes ayant ma vocation, qui est mitoyenne entre un séculier et un religieux dans son couvent. Si les religieux réguliers sont consacrés exclusivement ou presque à la prière, afin de contenir la colère de Dieu, et d’attirer sur les malheureux Catholiques qui souffrent dans le monde les grâces qui leur sont nécessaires; si les prêtres séculiers, très actifs mais de moins en moins nombreux (je parle des vrais prêtres, évidemment, pas des clowns apostats conciliaires) sont au service des âmes, ou devraient l’être, les consacrés qui ne sont ni pleinement laïques ni pleinement religieux ont un pied en quelque sorte dans ces deux états : leur rôle est de tirer la sonnette d’alarme auprès des laïques trop souvent inconscients des temps que nous vivons, de les retenir en les avertissant des dangers qu’ils courent souvent sans s’en rendre compte, de leur rappeler sans cesse les exigences fondamentales de Notre-Seigneur sur chaque homme. Chaque Catholique possède bien sûr cette vocation de « petite boussole », mais combien plus les personnes qui, ayant renoncé à fonder une famille, à avoir une carrière professionnelle, et à partager les opinions, les goûts et les loisirs du monde, se consacrent d’abord et avant tout à leur sanctification.

C’est par l’intimité entretenue avec Notre-Seigneur, au moyen de la garde du cœur et généralement de la plus grande fidélité à la grâce, au moyen d’une oraison la plus continuelle qu’il est possible, et de la fréquentation assidue des sacrements, que ce type d’âme se sanctifie et peut intercéder pour ses frères. Tout autre voie serait à mon avis une complète illusion.

Que les lecteurs me pardonnent donc mes « absences » de ce blog : pour donner un peu, pauvre pécheresse que je suis, j’ai besoin de recevoir beaucoup; si bien que pour une heure passée à lire ou synthétiser les horreurs de la « société » moderne afin d’alimenter ce blog, il me faut au moins une autre heure à me reposer aux pieds de Notre-Seigneur.

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