La paix intérieure

Réflexions extraites du Manuel des âmes intérieures, du Père Jean-Nicolas GROU, S.J.

"Le repas chez Simon", par Philippe de Champaigne. Détail.

« Le repas chez Simon », par Philippe de Champaigne. Détail.

Dès qu’une âme, par un généreux effort d’amour, et par une fidèle correspondance à l’attrait de la grâce, s’est déterminée à ne rien refuser à Dieu, et qu’elle s’est donnée à lui pour être tout ce qu’il lui plaira dans le temps et l’éternité, dès ce moment Dieu verse en elle une paix ineffable, une paix qu’elle n’avait jamais goûtée jusqu’alors, une paix qui la remplit et qui lui inspire un profond mépris pour toutes les choses d’ici-bas.

Cette paix est l’effet de la présence de Dieu dans le cœur, et, tant que l’on conserve cette précieuse paix, on est assuré de se maintenir aussi dans la présence de Dieu. Cette paix est notre consolation, notre force, notre conseil ; elle est le principe de notre avancement.

Plus elle devient intime, inébranlable, inaccessible à tout ce qui peut la troubler, plus nous croissons en perfection ; en sorte que le comble de cette paix et le comble de la perfection, c’est la même chose.

Tout le secret consiste donc à conserver et à augmenter cette paix parmi toutes les variétés de la vie spirituelle.

[…]

La source de la paix de l’homme est dans le don qu’il fait de soi-même à Dieu, et, si ce don est plein et entier, généreux, irrévocable, la paix dont il jouira sera imperturbable et s’augmentera, s’affermira d’un jour à l’autre, même par les événements les plus propres en apparence à l’altérer.

L’unique bonheur de la vie, le seul que nous puissions nous procurer par le bon usage de notre liberté, est la paix du cœur.

Il n’y en a point pour les impies, dit Dieu dans l’Écriture. Celle des personnes dévotes qui ne sont pas pleinement abandonnées à Dieu est bien faible, bien chancelante, bien troublée, soit par le scrupule de la conscience, soit par la terreur des jugements de Dieu, soit par les divers accidents de la vie.

Quand est-ce donc qu’une paix intime, solide, inaltérable, prend racine dans une âme? Du moment qu’elle se donne tout à fait à Dieu, elle entre dès cet instant dans un repos qui n’est autre que le repos de Dieu même sur lequel elle s’appuie.

Nous participons nécessairement à la nature des objets auxquels nous nous attachons. Si je m’unis à des choses qui sont dans un mouvement continuel, j’éprouve la même agitation; si je m’attache à Dieu, qui seul est immuable, je participe à son immuabilité, et rien ne peut m’ébranler, tant que je ne m’en sépare pas.

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