Prions pour les prêtres…et pour nous ! (1)

Le monde est dans la consternation, comme disait Notre-Dame à la Salette. Il est dans la consternation parce que tout s’effondre autour de lui, et qu’il refuse de comprendre pourquoi, et de tendre les bras à Qui pourrait le sauver. Mais ne pleurons pas sur le monde, et pleurons plutôt sur les nôtres : charité bien ordonnée commence par soi-même !

Notre-Dame de la Salette, en pleurs

Notre-Dame de la Salette, en pleurs

Les Catholiques sont également dans la consternation. Par « catholiques », je veux bien dire « catholiques », soit au mieux, selon les derniers sondages en France, 2% de la population, i.e. un peu plus d’un million de personnes (je trouve ces sondages optimistes, l’ai-je déjà dit ?) dans mon pauvre pays. Ailleurs ? Eh bien c’est la désolation aussi…

Chacun s’accroche à ce qu’il peut, parmi les gens qui pensent.

A gauche, on a les ralliés : « le pape est mal entouré, il est mal conseillé, il n’est pas maître chez lui…regardez, il y a de bonnes choses ! il faut regarder ce qui se fait de bien, et ne pas s’attarder à ce qui se fait de mal ! il faut avoir l’esprit positif ! »

Au milieu, la FSSPX et les autres courants traditionnels non ralliés (enfin, pas encore tout à fait) : « les canonisations conciliaires ne sont pas valides en ce sens qu’elles ne sont pas définies comme l’étaient les canonisations de tous les siècles passés…il faut prier pour la conversion du pape et de Rome…les écrits des papes contiennent certes des hérésies, mais il n’est pas infaillible dans ce cas… »

A droite, les sédévacantistes (et sédéprivatistes) : « le pape n’est pas pape, parce qu’un pape ne peut pas être hérétique…ses écrits et ses « canonisations » sont donc nuls et non advenus… » avec la version rore-sanctificiste en option : « le sacre des évêques est invalide, donc les prêtres maintenant ordonnés ne sont plus prêtres, donc il n’y a plus de sacrements valides de Pénitence et d’Eucharistie… »

En clair, tous essaient de tenir le coup, de maintenir la tête hors de l’eau. Hormis quelques imbéciles et quelques arrogants (qui sont d’ailleurs généralement les mêmes) dans les trois camps, la motivation de chaque Catholique est bien de garder la foi malgré tout. Malgré la fin du monde qui approche, pour dire les choses crûment.

L’épreuve est cependant telle que certains menacent ruine, comme je le lisais ce matin sur un blog anglophone rallié :

« What is at the heart of next October’s Synod is not merely divorce, marriage and the Eucharist but something touching the very nature of Christianity, can the Church be trusted to teach. What I find deeply worrying is that if the Church cannot be trusted, can Christ? Can Revelation? »

Je traduis  :

« Ce qui est au coeur du  synode d’octobre prochain n’est pas seulement le divorce (l’auteur veut parler en réalité de l’adultère), le mariage et l’Eucharistie, mais quelquechose qui touche à la nature même du Christianisme : savoir si l’on peut faire confiance à l’enseignement de l’Eglise. Ce que je trouve profondément inquiétant est que si on ne peut pas faire confiance à l’Eglise, le peut-on au Christ ? A la Révélation ? »

Le texte est affreux et se passe de commentaire.

Mais voici venir la conclusion, sous la plume d’un autre prêtre (cité sur le même blog) :

« One of my priest friends asked me during a conversation what I would do if the Church does formally approve what it previously formally condemned. I had to confess in all honesty that I’d probably have to leave priestly ministry. »

Traduction :

« L’un de mes amis prêtre m’a demandé au cours d’une conversation ce que je ferais si l’Eglise approuvait formellement ce qui était précédemment formellement condamné (mis en gras par le prêtre). J’ai dû avouer en toute honnêteté que je devrais probablement quitter mon ministère de prêtre. »

Chers lecteurs, il faut prendre beaucoup d’altitude pour regarder tout cela, même si ce genre de messages nous fend le coeur de douleur.

Regardons les choses posément : les deux vertus qui manquent le plus cruellement à notre monde en perdition sont la FOI et le BON-SENS ou la raison. Enfouissons donc sous le boisseau émotions et « sentiments » superficiels, et analysons les faits et leurs conséquences comme si notre vie et notre salut ne dépendaient pas de l’issue de ces événements, mais uniquement de notre réaction face à ces événements, car en vérité c’est le cas, ainsi que j’essaierai de le montrer dans la deuxième partie.

Lire la suite

Publicités
Cet article, publié dans Conciliaires, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.