Constat de (post)-civilisation

Un texte intéressant trouvé sur le blog de Richard Millet, dont on ne peut que partager la majorité des analyses.

Les mises en gras sont de mon fait, mes notes sont en bleu.

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La fin de l’Enfant-Jésus

 

3711_nJ’ai toujours considéré les athées militants comme des châtrés – des nains qui prétendent redessiner le monde aux dimensions de leur infirmité ; sous couvert de haïr toute religion, ils ne se contentent pas de clamer que le catholicisme est la pire de toutes : ils véhiculent en vérité la même et expiatoire haine de soi à travers la mise à bas de l’européocentrisme, du mâle blanc, de la tradition, le catholicisme étant l’objet de haine particulière car cristallisant toutes les revendications « minoritaires » : aux  libres penseurs s’ajoute une cohorte de francs-maçons, islamophiles, militants des redéfinitions sexuelles, avorteurs, euthanasistes, mondialistes, immigrationnistes, expiateurs patentés, pleureuses encartées, catholiques de gauche qui rêvent d’être protestants ou bouddhistes, les ignorants (les plus nombreux), les « jeunes », pour la plupart, et un grand nombre d’écrivains bien sûr « vigilants ». Haïr le catholicisme est d’ailleurs moins un exercice intellectuel qu’un réflexe « up to date » (1) : l’Eglise n’est pas moderne, elle ; pis : elle est « vieille », et elle a même à voir avec l’origine de notre civilisation – donc haïssable.

[…]

ignace_laiciteEradiquer cette origine se révèle plus difficile que ne l’espéraient non seulement ces eunuques mais aussi l’ensemble du bétail « progressiste ». On croyait morte la civilisation chrétienne : elle ne l’est pas assez pour ces imbéciles qui se pensent libres, alors qu’ils sont des agents post-identitaires du capitalisme mondialisé. La crèche de Noël est une offense à la laïcité, brament-ils en se rangeant aux côtés d’autres vertueux de la nouvelle Hygiène, qui veut interdire la viande, le fois gras, la chasse, la corrida, les feux de cheminée en ville, Tintin au Congo,  les races (qui « n’existent pas », blatère ces jours-ci dans Le Point un vieux dromadaire de l’antiracisme post-littéraire), et bientôt les cloches des églises. La crèche de Noël, à ne la considérer que dans sa seule représentation symbolique, voire culturelle, est la plus belle histoire du monde. Les Québécois, peuple infiniment vaincu par les Anglais, par le multiculturalisme et, en fin de compte, par lui-même, ont d’ores et déjà effacé le mot Noël du vocabulaire officiel afin de ne pas indisposer les autres communautés vivant sur le territoire de la Belle Province – en vérité les musulmans : qui d’autre, en effet, pourrait s’estimer « lésé » par la présence d’une crèche de Noël ? La laïcité française, elle aussi, est devenue le lit du multiculturalisme pro-musulman, pour lequel on déconstruit les traditions nationales, sous l’œil attendri des Qataris, des Saoudiens, des Turcs, et sous le regard perdu de la classe politique française.

J’entends d’angéliques voix murmurer qu’on pourrait essayer une crèche multiethnique.

[…]

Ce serait évidemment compliqué : mieux vaut donc jeter ce bébé-là avec l’eau du baptême, les autres fêtes (les vacances de la Toussaint et de Pâques heureusement devenues celles d’automne et de printemps), et bien sûr les noms de saints et tous les miasmes de cette trop vieille affaire qu’est le catholicisme et, par conséquent, la France, ex-fille aînée de l’Eglise devenue putain multiculturelle.

            Il n’est pas difficile de voir comment les libres penseurs sont les alliés de l’islam conquérant, celui dont l’entreprise nataliste, ou « guerre des ventres », selon Houari Boumediene, a le plus besoin de crèches, oui, comment ces athées marchent main dans la main avec les djihadistes et les fascistes de gauche (2), maîtres du marché, du droit et de l’espace publicitaire, le consommateur musulman étant une cible somme toute plus docile et prometteuse que le chrétien ou le post-chrétien. Dans le cortège d’interdictions et de prescriptions qui constituent la charia progressiste de l’Occident, il est possible que ce soit l’homme naturel qui soit bientôt interdit au profit de l’Homme judiciarisé, redéfini par les diktats sexualistes, déculturé, erratique, baignant dans la lumière solipsiste (3) de ses droits. Ce n’est plus vers l’éternité de Jésus que nous nous tournons, mais vers le culte néo-païen de l’enfant-roi – le futur petit-bourgeois planétaire, innombrable,  inculte, infiniment nuisible, adorateur du veau d’or et détrônant l’enfant-Jésus  par voie démocratique et sociétale : perte de l’origine et de l’original qui est un signe des temps et, pour nous, un signe démoniaque, comme on le voit avec les copies, les simulacres artistiques, le révisionnisme historique, la fausse monnaie littéraire, les produits dérivés, Louvre, Sorbonne, Centre Pompidou déclinés « à l’international ». Oui, la quantité signale le Démon, car elle est le contraire du miracle de l’Un et de l’abondance, en une époque abandonnée de Dieu (4) et dans laquelle s’élève la puanteur des cadavres des djihadistes « français » tués, on s’en réjouit, au Proche-Orient et celle de ces  morts-vivants que sont les libres penseurs, les athées, les gardes rouges de cette laïcité qui, en œuvrant à la déchristianisation de l’Europe, a créé la terreur nihiliste, l’inappartenance nationale, la mort de la culture.

Source de ce texte : http://richardmillet.wix.com/

Notes

(1) « up to date » : à la mode.

(2) très étrange accolement de mots : « fascisme de gauche » est évidemment un pléonasme, puisque le fascime se revendique lui-même comme un socialisme.

(3) Le solipsisme (du latin solus, seul et ipse, soi-même) est une « attitude  générale pouvant être théorisée sous une forme philosophique et non métaphysique, d’après laquelle il n’y aurait pour le sujet pensant d’autre réalité que lui-même. »

(4) qu’on me pardonne de ne pas censurer ici ce qui peut passer pour un blasphème, mais qui sous la plume de l’auteur doit n’être qu’une licence littéraire.

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