Rien n’arrive par hasard

Chaque chose en ce monde a ses conséquences, et quand la chose est grave, les conséquences peuvent être dramatiques. Elles le sont même infailliblement.

Je réfléchissais ce matin au pourquoi du comment de la situation que nous vivons, nous autres Catholiques du 21ème siècle : pourquoi sommes-nous condamnés à vivre dans cette agonie permanente d’une société athée ou sataniste, qui non seulement s’enfonce chaque jour dans les péchés les plus horribles, mais qui plus est en arrive à « tuer » (pas au sens propre pour le moment, mais cela ne saurait tarder) ceux qui refusent de commettre ces mêmes péchés et d’y acquiescer ?

Bien sûr, il y aura toujours quelques personnes pour répéter : « Dieu nous châtie, nous sommes tous coupables ! »

Cette sérénade a le don de me fatiguer, pour ne pas dire plus. Non, ni vous ni moi ne sommes personnellement plus coupables que quelqu’un qui vivait au siècle de St Louis, ni qu’un habitant du 17ème siècle. La formule est donc très réductrice, et finalement très fausse.

La vérité, c’est que Dieu châtie les nations qui ont si gravement péché contre Lui, en tant que nations. Ce n’est que par « accident » (au sens philosophique du mot) que lesdits châtiments frappent les personnes qui lui appartiennent, du fait qu’elles vivent dans ces pays. Il est par ailleurs connu que Dieu éprouve ses enfants au moyen des méchants, adage qui s’applique plus particulièrement à la fin des temps, puisque les boucs pullulent tandis que les brebis sont rares.

S’il fallait résumer les vices de la post-civilisation européenne, que mettrions-nous en avant ? L’impureté, évidemment, mais elle a existé de tout temps (selon tous les Pères de l’Eglise, c’est LE péché qui mène le plus d’âmes en enfer). L‘orgueil et ses déclinaisons (vanité, arrogance, mépris de l’autre…), qui ont atteint des proportions jamais égalées dans l’Histoire. Le mensonge et le vol qui sont généralisés, sans oublier le meurtre (avortement de masse).

Hormis l’échelle sur laquelle ces péchés sont commis, qu’est-ce qui distingue OBJECTIVEMENT notre époque des siècles passés ?

Eh bien selon moi, ce qui distingue de manière EXCLUSIVE notre siècle d’avec tous ceux qui l’ont précédé, c’est la GLORIFICATION du péché. (Ecclesiastique, XI – 16)

Je donne quelques exemples très significatifs :

  • Ils ne se contentent pas de vivre dans la luxure (depuis la simple fornication passée en habitude, jusqu’aux crimes contre-nature – inversion, bestialité -, en passant par l’adultère), mais ils se glorifient de leurs péchés, et s’en prennent à ceux qui continuent de les condamner fût-ce simplement en paroles. Ainsi les fornicateurs conspuent les gens mariés devant Dieu, et les invertis parodient-ils honteusement le sacrement du mariage. Les pédophiles réclament « le droit » à leurs moeurs abominables, et les « zoophiles » également. Des délits comme « l’homophobie » sont créés pour réprimer par la violence de la justice ripoublicaine ceux qui rappellent simplement la loi divine.

A ce que je sache, c’est la première fois depuis le Déluge que des lois sont votées pour donner aux vicieux le pouvoir de persécuter les vertueux : voilà LA nouveauté de ce siècle, c’est l’une des manifestations essentielles de l’orgueil satanique qui ne connaît plus aucune limite au 21ème siècle. C’est évidemment ce qui fait dire à beaucoup de Catholiques (et également à des mahométans) que nous sommes proches de la fin du monde.

Quelques constatations que tout le monde peut faire :

  • Le mensonge est érigé en sport national : tout le monde ment et trouve normal et légitime de mentir, depuis les hommes politiques, jusqu’au vendeur de canapé du magasin d’à côté. En revanche, des personnes sont incarcérées pour avoir émis des thèses sur une certaine époque de l’histoire contemporaine : il existe des dogmes entièrement intouchables, dont la vérité ne peut être remise en cause, même partiellement (il y aurait un papier à faire sur la disparition de nos libertés individuelles au cours du 20ème siècle, ce serait fort intéressant !)
  • Le massacre de  225 000 bébés non-nés chaque année en France (chiffres officiels) constitue le nouveau sacrifice humain réclamé par Satan, dans la lignée de ceux pratiqués par les Aztèques, qui dépassaient tellement en horreur l’imagination humaine la plus vicieuse qu’il épouvantèrent des gens aussi rustres et aussi peu impressionnables que les soldats de Cortès !

 

Voici quelques exemples qui me viennent à l’esprit, sur les différences de traitement de quelques crimes hélas communs entre les siècles passés et l’époque contemporaine :

la luxure jadis

La luxure maintenant

  • les pécheurs publics étaient peu considérés dans la société, certains emplois leur étaient interdits.

  • les bâtards n’avaient pas de droit à l’héritage
  • Le conjoint légitime avait seul droit à l’héritage
  • les bâtards ont les mêmes droits que les enfants légitimes.
  • le « conjoint » adultérin a droit à l’héritage à part égale avec le conjoint légitime.
  • les adeptes de moeurs contre-nature dissimulaient leur vice, la société les tolérait à condition qu’ils les maintiennent strictement dans le domaine privé.
  • L’inceste était sévèrement réprimé par le code pénal.
  • le viol était considéré presque à l’égal du meurtre, et passible en conséquence de la peine de mort.
  • le viol n’est la plupart du temps pas sanctionné par la justice, ce qui signifie qu’il est autorisé du moins en pratique.
  • l’exhibition et l’incitation à la débauche figuraient dans le code pénal.

 

  • La pornographie était interdite

le meurtre jadis

le meurtre maintenant

  • l’infanticide était un meurtre agravé et donc puni de mort
  • la loi permet de tuer les bébés à sa guise. Mieux, les personnes qui tentent de sauver des bébés condamnés à mort sont poursuivies par la justice.
  • la légitime défense permettait de tuer quelqu’un qui voulait vous tuer. Vous étiez vu comme une personne courrageuse, qui aviez réussi à avoir le dessus sur l’agresseur et à sauver votre vie.
  • la victime qui tue son agresseur en essayant de se défendre est condamnée par la justice. Mieux, celle-ci permet à l’agresseur seulement blessé de porter plainte contre sa victime.

le mensonge jadis

le mensonge maintenant

  • le ministre qui avait menti était révoqué, payait une amende, était emprisonné
  • l’homme politique qui a menti est réélu. La justice déclare un « non-lieu ».
  • les escrocs étaient traduits en justice, envoyés au bagne et condamnés à travailler des années durant pour rembourser les sommes volées.
  • Même si la justice reconnaît la culpabilité de l’escroc, celui-ci est déclaré « insolvable ». Il ne fait pas un seul jour de prison, et ne doit rien à ses victimes. Il remonte immédiatement une nouvelle escroquerie dans une région voisine.
Louis Veuillot

Louis Veuillot

Le plus terrifiant dans cette histoire, c’est que Louis Veuillot remarquait déjà les mêmes choses au 19ème siècle !

Voici un extrait du tome 6 de ses Mélanges religieux, politiques, historiques et littéraires paru en 1860, jugez-en plutôt :

On sait avec quel accord, avec quel art ce but fut poursuivi. Voltaire conduisit ouvertement la guerre, se servant de tout le monde, forçant tout le monde à le servir. Il en a écrit tous les plans, que ses disciples ont précieusement recueillis; et l’on ne sait ce qui consterne le plus, lorsque l’on relit ces archives du mensonge, ou de son commandement effronté, ou de la stupide obéissance qu’il rencontre partout. La société est folle : au milieu d’une vapeur d’impiété et de luxure, chaque jour elle applaudit à la chute de quelque noble ouvrage de sa sagesse passée. Tout est attaqué, rien de saint ne reste debout ou n’est préservé de souillure ; on décerne le brevet de philosophe à quiconque détruit ou affaiblit une institution nécessaire. Depuis l’artiste qui dédie publiquement au prince du sang des gravures obscènes, jusqu’au magistrat sectaire qui fait brûler sur le même bûcher, par le même bourreau, les livres des novateurs et les mandements des évêques, aucune force, aucune influence, aucune ambition ne reste oisive. Toutes entreprennent quelque chose contre Dieu, toutes reçoivent des louanges. Cette société veut périr : elle n’a de vigueur que contre un petit nombre de voix impuissantes qui l’avertissent de son danger, mais tout bas et comme honteuses de leur rôle. C’est l’époque des mauvais livres. Le nombre en est à peine plus grand de nos jours, il n’y en eut jamais de si abominables.

[…]

Dieu leur permit de vaincre; l’Eglise, au sein de laquelle ils avaient trouvé des complices, succomba. Le crime accompli, les punitions commencèrent. Les trônes, qui avaient rêvé tant de puissance, furent renversés ; les peuples, qui avaient espéré tant de liberté, tombèrent sous la tyrannie la plus infamante. Dans la catholique France, nous ne savions pas, après quatorze siècles, ce que c’est qu’un tyran ; l’histoire n’avait laissé ce nom au front d’aucun de nos rois : nous eûmes les assemblées révolutionnaires, Marat, Robespierre, et la suite.

[…]

Le christianisme a partout élevé ses autels sur les débris d’idoles abominables auxquelles l’homme sacrifiait des victimes humaines : l’autel chrétien renversé, l’idole se redresse : elle demande du sang, elle en est abreuvée, et elle en veut encore. Elle en aura encore. Jusqu’à ce que la société ait expié son crime en replantant la croix sur l’idole abattue de nouveau, le sang coulera devant l’idole.

[…]

De ses propres prisons, à la porte desquelles veille, effarée, une justice peu sûre de la légitimité de ses arrêts, la société entend sortir elle ne sait quelles voix qui se disputent ses dépouilles. Il y a un citoyen Malardier, instituteur primaire, qui dit : Nous supprimerons définitivement le culte; et un citoyen Malarmet, monteur en bronze, qui dit : Nous supprimerons définitivement la famille; et un citoyen Duchêne, disciple du citoyen Proudhon, qui dit : Nous supprimerons définitivement tout!

[Qu’ont donc inventé Peillon, Taubira et Belkacem ? Rien : ce sont les mêmes damnés que ces trois-là, transposés 150 ans plus tard…le diable est immortel, ses marottes aussi, qu’il exprime à l’identique à travers ses dévots dans les siècles qui se suivent et se ressemblent ]

La société les entend et s’épouvante, et elle a raison de s’épouvanter ; car le citoyen Malardier, le citoyen Malarmet, le citoyen Duchêne, le citoyen Proudhon lui sont redoutables. Il y avait de ces gens-là autrefois, mais ils pourrissaient dans un cul de basse-fosse. Aujourd’hui, ce sont des seigneurs et des princes ; ils ont des forteresses, des soldats, des croyants, des flatteurs; ils ont un camp dans Paris même, et les prisons qu’ils habitent ne sont que leur quartier général.

Volume 6, chapitre 1er : « le siècle de Voltaire ».

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