Un livre pour notre temps

Il fut écrit en 1534 par Saint Thomas More, alors prisonnier pour sa foi catholique à la Tour de Londres, dans l’attente de son exécution. Il s’agit du « Dialogue du réconfort dans les tribulations« .

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Saint Thomas en 1527, peint par Holbein.

Cet ouvrage me sidère depuis bien longtemps en raison de ses corrélations avec l’époque actuelle. Il s’agit d’un vieux monsieur, Antoine, qui console son neveu Vincent face à la persécution des turcs : en effet, les deux hommes sont Hongrois, et la Hongrie est alors sur le point d’être envahie par les mahométans. Vincent appréhende fortement, avec raison, l’esclavage, les tortures et finalement l’égorgement promis aux Catholiques qui refuseront d’apostasier lorsque l’islam se rendra maître de leur pays. Comme on voit, toute ressemblance avec la situation de l’occident du 21ème siècle ne serait certainement pas pure coïncidence ! A croire que Notre-Seigneur a voulu que ce livre soit écrit de manière assez anachronique au 16ème et gardé en réserve pour servir à notre temps de la fin.

Par ailleurs, lorsqu’il écrivit cet ouvrage, St Thomas se trouvait dans une situation qui n’est pas sans rappeler la nôtre : son pays avait apostasié la foi catholique pour embrasser l’hérésie anglicane. Henry VIII et ses vassaux organisait une persécution féroce des Catholiques, persécution d’abord « civique », sociale, puis juridique et physique. Ici aussi, la ressemblance avec notre siècle est stupéfiante ! Ce n’est pas au nom de l’anglicanisme, mais au nom de la religion maçonnique luciférienne (ce qui est pire, évidemment) que les pouvoirs « publics » qui asservissent la France persécutent les Catholiques, les traduisant en justice, faisant profaner leurs églises (je pense par exemple aux « femens », produites, subventionnées, protégées par l’Etat ripoublicain), les emprisonnant lorsqu’ils persistent à se comporter en Chrétiens (par exemple au sujet de l’éducation de leurs enfants qu’ils tentent de soustraire à l’emprise satanique de l' »éducation nationale »).

Il faut noter qu’au contraire de nous, St Thomas avait plusieurs sources de réconfort : un pape véritable régnait à Rome, dont il savait qu’il le soutenait et le bénissait (st Thomas savait également qu’il avait le soutien de toute l’Europe catholique, scandalisée par Henry VIII), et ce n’était pas le monde entier qui était plongé dans l’apostasie et l’impiété, mais « seulement » l’Angleterre.

Ces réserves faites, l’ouvrage de St Thomas est cependant d’une brûlante actualité, comme je le disais : nous sommes pris en tenaille entre l’invasion mahométane (organisée par la judéo-maçonnerie) et la haine des impies à notre égard. Les impies « laïcards » veulent notre mort. Quant aux mahométans, ils veulent notre mort et celle des laïcards indistinctement.

Voici donc un extrait de ce très beau livre, Livre 1 chapitre 18, dont je recommande à tous la lecture !

*****

ANTOINE : Cher neveu, beaucoup de gens déplaisent à Dieu car ni les bons traitements ni la sévérité ne peuvent les inciter à se rappeler leur Créateur. Quand ils ont de tout en abondance, ils vivent selon leur bon plaisir et se livrent à la débauche ; quand Dieu veut se rappeler à eux en les plongeant dans l’adversité, ils perdent la tête et s’écartent de lui, ils cherchent du secours partout sauf auprès de lui : dans les plaisirs de la chair, auprès du monde, chez le diable lui-même.

Prenez par exemple un homme en pleine prospérité et enfoncé dans le péché. Il a toujours considéré ses vices comme nécessaires à son plaisir. Dieu, dans sa bonté, veut appeler cet homme à la grâce ; il lui envoie le remords dans son sommeil. Notre homme se met à réfléchir. Il revoit sa vie et de là, sa pensée glisse vers la mort. Il songe qu’il doit abandonner tous ses biens terrestres et s’en aller seul il ne sait où, il ne sait quand. Il ignore également qui il rencontrera là-bas. Alors, il commence à se dire qu’il serait prudent de s’assurer une bonne fin, de peur de rencontrer dans l’au-delà ces êtres très peu sympathiques généralement appelés « démons » et qu’il avait jusque-là considérés comme des rêves de poètes. De telles pensées, si elles deviennent des obsessions, constituent une dure épreuve. Si elles conduisent à la grâce, l’épreuve est salutaire. Il sera réconfortant pour cet homme de penser que Dieu, par cette admonition, veut lui faire quitter le royaume du péché où il vécut si longtemps et l’attirer dans son royaume à lui, où coulent, en abondance, le lait et le miel. S’il répond à cet appel, son tourment se changera en joie, il sera tout heureux de faire pénitence et de changer de vie.

 

Mais il en est que cet appel de Dieu aigrit, au lieu de les amender. Ils ne veulent pas se débarrasser de leurs mauvais penchants, surtout s’ils doivent y laisser beaucoup d’argent ou encore changer radicalement leur existence. Alors, Dieu, dans sa grande bonté, continuera à les tourmenter. Eux, par méchanceté, prétendent se détourner de lui et cherchent à se débarrasser de leur obsession en s’étourdissant de plaisirs et en s’enfonçant dans ces péchés qui déplaisent tant au Seigneur. Ils finissent par lasser Dieu qui à son tour les repousse. Quand un pécheur s’endurcit au point de toucher le fond, il ne craint plus rien, sauf la perte de ses biens matériels. Il sait pourtant que ceci doit lui arriver fatalement avec la mort. Hélas, à ce moment revient aussi son angoisse. À quoi bon un lit douillet, une plaisante compagnie, tout un cortège d’honneurs ? Il gît, haletant sur sa couche, la conscience torturée et craignant le jugement. Le diable est là, qui le pousse au désespoir en présentant à son imagination des tableaux de l’enfer et cette fois le misérable ne croira plus qu’il s’agit d’une fable, et s’il prétend le croire encore, il verra bientôt que ce n’en est pas une. Ah ! Malheur à ceux qui n’y ont point pensé à temps !

 

Dieu se réjouirait de voir les hommes se tourner vers lui dans l’épreuve mais, la plupart du temps, ils s’enfoncent plus avant dans leur erreur, prennent conseil auprès de gens de leur espèce et, finalement, sombrent dans le néant.

J’en ai vu qui, sur leur lit de mort et soutenus par des coussins, jouaient aux cartes. Cela les aidait, disaient-ils, à écarter leurs hantises.

Et à quelles hantises faisaient-ils allusion, croyez-vous ? À celles dont je viens de vous parler, n’en doutez pas ! Ils pensaient sans cesse à leur vie dissolue, au péril que courait leur âme, au ciel, à l’enfer et ces images leur faisaient mal. Alors, ils les chassaient par le jeu. Et ils jouèrent ainsi jusqu’à ce que le trépas les empêchât de compter leurs points. Leurs partenaires alors s’esquivèrent subrepticement, mais ils ne tardèrent pas à rencontrer « le mort ». À quel jeu jouèrent-ils alors ? Dieu seul le sait. Je crains que ce ne fût un jeu cruel.

 

Il y en a qui, dans leur malheur, font comme le roi Saül et ont recours au démon. Ce roi avait ordonné que fussent mis à mort tous ceux de ses sujets qui pratiquaient la sorcellerie et la nécromancie. Mais, quelque temps après lui-même s’y adonna. Il alla trouver une sorcière (1S., 28, 3 sqq.) et lui demanda de faire parler un mort, afin de connaître l’issue de la bataille qu’il allait livrer. Dieu l’avait pourtant prévenu, par l’intermédiaire de Samuel que ces pratiques n’aboutiraient à rien, mais il n’en tint aucun compte, s’endurcit dans son erreur et devint toujours plus mauvais, si bien que Dieu ne voulut même plus veiller sur lui. Et quand il chercha auprès du prophète une réponse du Seigneur, il n’en reçut point et cela lui parut étrange. Alors voyant que Dieu ne l’écoutait pas, il se tourna vers le démon et il obtint d’une sorcière qu’elle évoquât le fantôme de Samuel qui était mort dans l’intervalle et qu’elle le fît parler. Mais il lui arriva ce qui arrive à ceux qui ont recours à de tels sortilèges. La réponse fut défavorable et le sort funeste. Son armée fut déconfite et lui-même, tué. Il est dit dans lesParalipomènes, livre premier, chapitre X, que Saül périt pour avoir manqué de confiance en Dieu et pour avoir interrogé et consulté une sorcière, ce qui était contraire à la loi de Dieu, et aussi à la loi qu’il avait lui-même promulguée si peu de temps auparavant.

 

Que tous ceux qui s’adonnent à de telles pratiques s’attendent à pareil sort ! J’en connais beaucoup qui, en cas de lourde perte financière, recourent à la sorcellerie pour retrouver leurs biens. Parfois, ils y rencontrent des choses étonnantes, mais jamais l’histoire ne s’achève à leur avantage. Il y a des gens stupides qui, s’ils sont malades, ne font pas venir le médecin, refusent de faire faire des analyses d’urine, mais envoient un bonnet ou un bas à une guérisseuse, autrement dit, à une sorcière. Elle fait dire qu’elle a, dans le bas, trouvé la preuve que le malade a été victime des agissements d’un mauvais esprit, un soir entre deux portes, mais que cette preuve n’apparaîtra clairement que dans quelques jours. En attendant, l’esprit, assure-t-elle, a infesté le corps du malade, et c’est ce qui le fait tant souffrir. Qu’il se garde de prendre aucune médecine ! Qu’il se contente de bien manger et de bien boire, les potions lui feraient du mal. Mais voici cinq feuilles de valériane. Elle les a cueillies de la main gauche et leur a communiqué un charme. Il faut que le malade attache ces cinq feuilles à son pouce droit, avec un lacet vert, sans trop serrer ; il ne devra jamais les changer à moins qu’elles ne viennent à tomber ; qu’il les garde jusqu’à ce qu’il soit guéri. Et voilà les beaux conseils que suivent des quantités d’imbéciles, au lieu de se fier à Dieu !

 

Neveu, croyez-moi, tous ces gens qui dans l’épreuve, se détournent de Dieu et cherchent le réconfort dans le plaisir ou auprès du démon, se font tort à eux-mêmes. Tandis que ceux qui se tournent vers Dieu trouvent en lui leur consolation et, de l’épreuve même qu’ils subissent, tirent un grand profit.

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