Histoire d’oeuf.

Lu aujourd’hui sur Boulevard Voltaire :

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Une "artiste" en pleine "performance"

Une « artiste » en pleine « performance »

Des quatre coins de l’Europe nous parviennent des bruits de bottes de mauvais augure pour l’art moderne. Il semblerait en effet que, partout, des vandales s’en prennent, comme aux beaux jours des chemises brunes, aux symboles d’un art à leurs yeux sans doute dégénéré. Nous eûmes, courant février 2014, l’intolérable attentat d’une femme de ménage de Bari, dans le sud de l’Italie, balançant sans vergogne à la poubelle des restes de gâteau qui s’avérèrent faire partie d’une « installation » : montant des dégâts estimé à 10.000 euros.

Le responsable de l’entreprise de nettoyage se fendit même d’une inadmissible surenchère à la haine artistique en déclarant que son employée « avait simplement fait son travail ». Que du « bon sens » ! En septembre 2013, déjà, d’un autre pays habituellement réputé pour son esprit d’ouverture nous parvenait l’écho de ce nauséabond attentat perpétré par les chaussures d’une ennemie néerlandaise de l’art. Celle-ci traversa sans vergogne une œuvre constituée de fils de laine colorés partant d’un coin du plafond près d’une fenêtre et

euh...

euh…

fixés au sol le long d’une latte de bois, imitant les rayons solaires et la poussière en suspension à contre-jour. Comme l’imitation frôlait la perfection, il ne fallait surtout pas prévenir – au moyen d’une signalétique adaptée par exemple – de la présence d’une « œuvre ». C’est également de ce malheureux pays autrefois à l’avant-garde des questions de tolérance qu’en juin 2011, déjà, nous venait cette terrible nouvelle : un magnifique tapis du musée Boijmans fut irrémédiablement abîmé. L’œuvre, constituée d’environ mille litres de pâte d’arachide tartinée au sol, ne résista pas, là non plus, au crime pédestre d’un fasciste en herbe. Est-il besoin de préciser qu’aucune barrière de mise à distance ne signalait la présence de cette « œuvre » de 14 mètres de long et 4 m de large ? Le musée avait déboursé 30.000 euros pour cette commande.

La scène du crime

La scène du crime

Plus récemment en France, le directeur du festival d’Avignon sonnait le tocsin : si les chemises brunes et autres « Panzerdivisions » prenaient la mairie, le festival prendrait le chemin de l’exode avec armes et bagages. Et c’est de la commune de Hayange, en Moselle, que nous parvient finalement cette terrible nouvelle il y a quelques jours, le signe avant-coureur de l’avancée fasciste : le nouveau maire Front national a fait peindre en bleu un œuf de pierre géant (qui avait été facturé 8.000 euros) un brin triste à ses yeux, provocant l’ire de notre ministre de la Culture. Conseil : la prochaine fois qu’une merde de chien barre votre chemin, effectuez une prudente manœuvre de contournement : il pourrait s’agir d’une coûteuse « installation » susceptible d’entamer le noble cuir de vos chaussures.

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Je serais un de ces escrocs, euh.. artistes, je me méfierais. Nombreux sont les tas d’ordures  oeuvres qui risquent d’être débarrassées euh, profanées, par des « agents de nettoyage » consciencieux, euh…iconoclastes.

Quelques exemples (cliquez sur les images pour voir la source, si vous ne me croyez pas) :

 

20605

Une ‘création’ dans les jardins des Tuileries (Paris)

mais oui…

A dada ! (FIAC, 2011)

A dada ! (FIAC, 2011)

et personnellement, mon préféré ci-dessous :

"Deux armoires à pharmacie", par Damien Hirst.

« Deux armoires à pharmacie », par Damien Hirst.

J’avoue que je n’ai pu résister, et que j’ai créé moi-même une oeuvre d’art très similaire à celle-ci, à la maison. C’est vous dire !

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