Le plus grand châtiment

selon Saint Alphonse Rodríguez, Traité de la perfection Chrétienne, volume 3, La mortification, chapitre IV.

Saint Alphonse Rodriguez

Les Saints disent qu’une des plus grandes punitions de Dieu, et où il montre le plus sa colère contre le pécheur, c’est lorsqu’il le livre entre les mains de cet ennemi, et qu’il l’abandonne à ses désirs et à ses appétits sensuels, comme à des cruels bourreaux. Ils rapportent, à ce sujet, plusieurs passages de l’Ecriture sainte, et entre autres celui du Prophète: « Mon peuple n’a point écouté ma voix ; Israël ne s’est point attaché à moi c’est pourquoi je les ai abandonnés aux désirs de leur cœur; ils ne suivront plus que leur propre fantaisie ». (Psaume 80, 12-13) Saint Paul dit que c’est de cette sorte que Dieu voulut châtier l’orgueil des philosophes, qui ayant connu Dieu, ne le glorifièrent pas comme Dieu, et ne lui rendirent pas les grâces qu’ils lui devaient, mais s’égarèrent en de vains raisonnements. Et c’est pour cela, ajoute-t-il, que « Dieu les livra aux désirs de leur cœur, et à l’impureté, afin que , venant à s’y abandonner , ils déshonorassent eux-mêmes leur propre corps » (Romains I, 21-24). Le châtiment que Dieu exerça contre eux, fut de les livrer à leurs désirs.

Mais il faut remarquer ici en passant , avec saint Ambroise, que quand l’Ecriture dit que Dieu livre un homme à ses désirs, on ne doit pas entendre par là que Dieu incite quelqu’un au mal , et fasse tomber personne dans le péché, mais seulement qu’il permet que les mauvais désirs qu’on avait conçus dans le cœur, viennent à éclater au-dehors, et à être mis enfin en exécution, par l’instigation et par le secours du démon. On peut voir combien cette sorte de châtiment est horrible, par tout ce que l’Apôtre ajoute ensuite. Il montre de quelle manière ces philosophes superbes furent traités par cet ennemi furieux, à qui Dieu les avait livrés ; et on ne saurait dire a quel excès de désordre il ne les porta point. Il les entraîna dans toutes sortes de vices, jusqu’à les plonger enfin en des péchés honteux et abominables. « Dieu les livra, dit-il , à des passions infâmes ». (Romains I, 26)

C’est ainsi que si vous ne gourmandez la concupiscence , si vous ne la domptez, elle vous emportera de désordre en désordre, de vice en vice , et ne s’arrêtera point qu’elle ne vous ait précipité dans des péchés énormes, et dans les abîmes de l’enfer. « Ne vous laissez point aller à votre concupiscence dit l’Ecclésiastique , et gardez-vous bien de suivre votre propre volonté ; si vous donnez à vos désirs ce qu’ils vous demandent, vous deviendrez un spectacle de joie et de risée à vos ennemis ». (Ecc. 18, 30-31)

Nous ne pouvons donner un plus grand sujet de joie aux démons, qui sont nos ennemis, que de nous livrer nous-mêmes à nos passions; car elles nous traiteront de manière que tout l’enfer ensemble ne pourrait pas nous traiter si mal.

Et certes, c’est avec grande raison que les Saints disent que la plus grande marque que Dieu puisse donner de sa colère à un pécheur, c’est de l’abandonner a sa propre volonté, et de lui laisser suivre en liberté les mouvements de ses passions. C’est un mauvais signe pour un malade, quand le médecin lui laisse boire et manger tout ce qu’il lui plaît; c’est-à-dire, qu’il en désespère entièrement , et qu’il le regarde déjà comme un homme mort. Dieu en use de la même sorte envers le pécheur qui l’a irrité; il lui laisse faire tout ce qu’il veut : et que peut vouloir un homme dans un état si déréglé, et avec des inclinations si méchantes, sinon tout ce qui lui est le plus contraire , et qui lui donne la mort?

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Saint Alphonse Rodriguez donne ici une explication lumineuse de ce que nous voyons actuellement : la progression du péché, à l’intérieur d’une même catégorie, vers le plus abominable.

C’est ainsi qu’en matière d’impureté, par exemple, on est passé de l’acceptation par la société de la fornication (concubinage généralisé), à l’adultère (divorce légalisé et banalisé), à la légalisation du viol (sinon dans le droit, du moins dans les faits : il n’est que de voir les « peines » auxquelles sont condamnés les criminels, quand même ils le sont !), aux abominations contre-nature (exaltation des sodomites et condamnation de ceux qui essaieraient malgré tout de dénoncer leurs moeurs)….

Cela ne saurait s’arrêter, comme le signale St Alphonse : il faut que les derniers degrés de la turpitude soient atteints, aussi doit-on s’attendre à l’expansion tolérée d’abord puis encouragée, et enfin institutionalisée de la pédocriminalité, de l’inceste, et de la bestialité…toutes choses dont on parle déjà en Europe.

Il en est de même pour les autres péchés ou vices, tels l’avarice, l’orgueil, l’égoïsme…

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