La confession des péchés véniels

Un article intéressant rencontré « par hasard » et piqué ici : http://www.salve-regina.com/salve/L’art_de_se_confesser

J’en tire des extraits…et j’ai ôté quelques parties qui me semblaient inutiles car très triviales et connues de tous. Les mises en gras sont de moi.

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cate078aSoulignons tout d’abord que le péché véniel est matière libre de confession. On n’est pas tenu de l’accuser. […] Une confession qui ne comporte que des péchés véniels est donc, non une démarche nécessaire au salut, mais un moyen de sanctification. […] Parmi les péchés véniels commis, on sera donc libre de choisir ceux qu’on veut accuser.

Est-ce à dire qu’on va choisir les plus anodins, en reléguant dans l’oubli ceux qui gênent ? Non ! Ce sera exactement le contraire. Un examen de conscience bien fait tendra à faire émerger de la foule des fautes quotidiennes celles qui, du fait de leur fréquence ou du fait de leur malice, sont les plus dangereuses pour la vitalité de l’âme. La physionomie propre de mon âme pécheresse n’est pas plus semblable à celle d’une autre âme que mon visage n’est semblable à un autre visage ; en gros, nous commettons à peu près les mêmes fautes, de même que nous avons tous un nez, une bouche, des oreilles… ; mais l’importance, pour moi, de telle faute, la place qu’elle tient dans ma vie spirituelle, son voisinage avec d’autres fautes de la même famille, voilà ce qui compose mon visage de pécheur. Voilà donc ce qu’un examen de conscience intelligent tendra à mettre en valeur. Inutile d’accumuler une multitude de péchés : cinq ou six, bien choisis, suffiront à se voir et à se montrer tel qu’on est sous le regard de Dieu.

Mais ces péchés (et cette remarque est sans doute la plus pratique de toutes), il s’agira de les faire émerger avec la couleur propre que nous leur avons donnée. – « J’ai menti… » : cela ne signifie rien… Omnis homo mendax, dit le Psaume ; tout homme est menteur. De quelle manière ai-je menti ? A qui ? Dans quelles circonstances ? Pourquoi ? « J’ai menti à une amie malade qui comptait sur ma visite, parce que cela m’ennuyait d’aller la voir » : qui ne voit que cela constitue un mensonge d’une qualité spéciale ? « J’ai menti dans un salon en m’attribuant des relations que je n’avais pas ; j’ai menti à mes chefs pour obtenir un congé auquel je n’avais pas droit ; j’ai trompé un client sur la qualité de mon travail afin de pouvoir le lui compter plus cher… » : autant de mensonges différents dont l’accusation « j’ai menti » n’aurait donné aucune idée. – « Manquer à la charité » : le péché le plus courant. Pourquoi employer cette expres­sion qui n’a aucune couleur ? Dites plutôt : « J’ai dit une parole blessante à quelqu’un que je n’aime pas, avec l’intention de lui faire de la peine » ou « j’ai témoigné du mépris à un camarade peu intelligent » ; ou « j’ai refusé un secours que j’aurais pu donner à un ami dans le besoin » ; ou « je me suis moqué d’un infirme »… – Il y a cent façons d’être vaniteux. Quelle est la vôtre ? Est-ce de passer un temps exagéré à votre toilette ? Est-ce, de vous regarder dans la glace à tout propos ? Est-ce de faire la roue dans les groupes où vous vous trouvez, en essayant de capter toute l’attention par votre brillante conversation ?… – Et  votre paresse, comment se manifeste-t-elle ? Par votre obstination à rester au lit quand l’heure est venue de vous lever ? Par votre négligence au devoir d’état, bâclé, à moitié fini ? Par votre nonchalance dans l’attitude ou un amour exagéré des fauteuils ?

On comprend par ces quelques exemples (qu’il serait aisé de multiplier) ce que nous voulons dire quand nous disons : accusez des actes précis, déterminez les circonstances dans lesquelles vous les avez commis, cherchez les mots les plus capables d’exprimer votre faute telle qu’elle a été dans le réel, en tant qu’elle fut votre faute à vous et non celle de n’importe qui. Ce sera tout profit pour vous. D’abord parce que cela vous obligera à vous voir tel que vous êtes ; ensuite parce que ce vous sera une salutaire humiliation (il est plus humiliant de dire : « J’ai passé chaque jour une demi-heure à me farder » que de dire : « J’ai été vaniteuse »…) ; enfin parce que, d’après ces données précises, votre confesseur pourra voir l’état de votre âme et en tirer des conseils appropriés.

Sur la dévotion à apporter au sacrement :

Tout prêtre qui confesse est frappé chaque jour par l’espèce d’indifférence, au moins apparente, avec laquelle nombre de pénitents énoncent leurs fautes. Ils font une énumération ils dressent une liste : qu’elle soit bien au point, il semble qu’ils ont accompli tout ce que l’Église attend d’eux. Il n’y a plus qu’à recevoir l’absolution et à s’en aller, libérés désormais. La formalité est accomplie.

Or, il n’en est rien. Rien n’est « formalité » dans le domaine des actes religieux,… Affaire d’amour, affaire de cœur (c’est-à-dire de volonté). On vient reconnaître qu’on a mal fait, qu’on a manqué à l’amour qu’on devait à Dieu en refusant d’accomplir l’une ou l’autre de ses volontés. Cela doit se traduire dans la manière dont on dit ses péchés. Confiteor… : « Je confesse », je reconnais, j’avoue : c’est ma faute, je suis coupable, je me frappe la poitrine. Il faut que votre accusation soit dans la ligne de cette formule. Il ne s’agit pas de « constater » que vous avez été mauvais et de porter cette constatation à la connaissance du prêtre ; il s’agit d’exprimer un regret d’avoir été mauvais.

[« repentir » serait plus exact que « regret », car le regret peut être purement humain et exclure le ferme propos, tandis que le repentir véritable le contient toujours.]

Il sera donc bon (et ce sera facile si on n’accuse qu’un nombre restreint de péchés) de répéter à propos de chaque faute : « Je m’accuse de… » Cela empêchera, pourvu qu’on y mette son cœur, de tomber dans la sécheresse indifférente de celui qui se contente de raconter ses fautes, au lieu de les avouer.

Convient-il d’accuser des péchés de la vie passée déjà pardonnés dans des confessions antérieures ?

Comme exercice d’humilité, il peut être bon, si cela n’apporte aucun trouble à la conscience, de se reconnaître coupable une fois de plus d’un péché ancien déjà absous. Et non seulement comme exercice d’humilité, mais parce que le sacrement portera sa grâce d’assainissement d’une manière spéciale sur le foyer d’infection d’où est sorti jadis ce péché et qui peut-être n’est pas entièrement nettoyé.

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Rappel du catéchisme :

D : Est-on obligé de confesser les péchés véniels ?
R : Il est bon et utile de les confesser ; mais selon le Concile de Trente cela n’est pas absolument nécessaire, parce qu’il y a d’autres moyens d’en obtenir le pardon.

Les péchés mortels sont seuls la matière nécessaire du sacrement de pénitence. En effet, les péchés véniels n’étant pas incompatibles avec l’état de grâce et ne fermant pas entièrement la porte du ciel, on n’est pas strictement obligé de s’en confesser ; cependant on ne saurait trop conseiller malgré tout une confession, car :
1°) Le sacrement de Pénitence a été institué pour remettre tous nos péchés, grands ou petits, et il est, par conséquent, le meilleur moyen de purifier la conscience.
2°) Lorsqu’on se confesse de ses péchés véniels, on apprend à les mieux connaître, on devient plus vigilant pour les éviter à l’avenir, et, en se rendant ainsi plus digne des grâces du Seigneur, on arrive plus aisément à la perfection.
3°) Souvent, il est difficile de distinguer si un péché est mortel ou véniel ; les plus savants Docteurs de l’Église eux-mêmes sont quelquefois embarrassés à ce sujet ; et il ne faudrait pas s’exposer, en omettant un péché grave qu’on prendrait à tort pour léger, à faire une confession nulle et sacrilège.
La prudence, dans une matière si importante, nous conseille d’éclaircir nos doutes, et d’accuser au moins ceux de nos péchés véniels qui nous paraissent les plus volontaires et les plus considérables.

Il faut avoir soin, quand on se confesse des péchés véniels, d’en avoir une sincère douleur, avec un véritable désir de s’en corriger. Ce serait une véritable dérision de s’en confesser avec la volonté de les commettre toujours.

Nous remarquerons ici pour les personnes pieuses, qui n’ont habituellement que des péchés véniels à se reprocher, que, si elles s’en confessaient sans aucune contrition, l’absolution qu’elles en recevraient serait nulle.

Les moyens par lesquels on peut, à part la confession, obtenir le pardon des péchés véniels, sont les actes de contrition ou d’amour de Dieu, les jeûnes, les mortifications et autres bonnes œuvres.

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