Pécheurs, songez à l’enfer !

« La pire et plus fatale préparation pour la venue de l’Antéchrist est l’affaiblissement de la croyance des hommes en une punition éternelle. Si c’étaient les derniers mots que je pouvais vous dire, je ne souhaiterais rien vous dire avec plus d’insistance que ceci, que près de la pensée du Précieux Sang, il n’y a pas de pensée dans toute notre foi plus précieuse ou plus nécessaire pour vous que la pensée d’une punition éternelle ! »

Père Frédéric FABER, in Sermons, 1863

 

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1. — Il est de foi que l’enfer existe, ainsi que le prouvent maints passages de l’Évangile.

2. — Il est de foi que les damnés subiront la double peine du dam et du sens. Au jugement dernier, Jésus-Christ dira aux réprouvés: «Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel.».

Il est certain que le feu de l’enfer est un feu, non pas métaphorique, mais réel, car, dit saint Thomas, un châtiment corporel peut seul s’adapter à la nature des corps des réprouvés. Le 30 avril, la Sacrée-Pénitencerie a décrété qu’un confesseur ne peut absoudre le pénitent qui s’obstinerait à penser que le feu de l’enfer est métaphorique, et non réel.

3. — Il est de foi que les peines de l’enfer ne seront pas égales pour tous les damnés, mais seront proportionnées à la gravité et au nombre de leurs péchés. Cette vérité a été définie par le Concile de Florence.

4. — Il est de foi que l’enfer est éternel. Jésus-Christ nous dit dans l’Évangile: «Ceux-ci (les réprouvés) iront au supplice éternel, mais les justes à la vie éternelle.» Si l’enfer n’était pas éternel, Dieu n’aurait pas suffisamment sanctionné sa loi, car, dit très bien un théologien moderne: «L’homme est ainsi fait, que le définitif et l’éternel réussissent seuls à contenir la violence de ses passions.»

5. — Il est de foi que tous les adultes sans aucune exception seront sauvés ou damnés, car tous les hommes ressusciteront à la fin du monde et seront jugés par Jésus-Christ; après quoi: «Ceux-ci (les réprouvés) iront au supplice éternel, mais les justes à la vie éternelle». Il faut entendre par justes ceux-là seuls qui jouiront de la grâce sanctifiante. Comme on le voit il n’y a de lieu intermédiaire entre le ciel et l’enfer que pour les enfants morts sans baptême.

6. — Il est de foi que les âmes de tous ceux qui mourront en état de péché mortel, n’eussent-ils commis qu’une seule faute grave, descendront, immédiatement en enfer. Cette vérité a été définie par le pape Benoît XII.

Toutes les vérités précédentes sont terribles; mais n’est-ce donc rien que d’offenser gravement la très haute et très sainte majesté de Dieu, de fouler aux pieds le sang de Jésus-Christ, de profaner le temple du Saint-Esprit et de l’en chasser indignement, d’abuser de la grâce, de préférer la créature à Dieu, de répondre à ses bienfaits par la plus noire ingratitude, et de ne pas atteindre la fin pour laquelle notre âme a été créée?

Fuyons le péché; rentrons immédiatement en grâce avec Dieu, quand nous avons eu le malheur de l’offenser; efforçons-nous de vivre saintement, et nous éviterons l’enfer. Notre-Seigneur disait un jour à sainte Thérèse: «Ma fille, personne ne se perdra sans le savoir.» Daigne le Seigneur, chers lecteurs, nous accorder à tous d’aller chanter éternellement ses infinies miséricordes dans le ciel!

Abbé F. Chatel, in Personne n’est-il revenu de l’Enfer ?, 1922

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