La séparation de l’Eglise et de l’Etat, une très grave erreur

Un texte de St Pie X, relayé par Bibliothèque de Combat

Qu’il faille séparer l’Etat de l’Eglise, c’est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse erreur.

Basée en effet sur ce principe que l’Etat ne doit reconnaître aucun culte religieux, elle est tout d’abord très gravement injurieuse pour Dieu ; car le Créateur de l’homme est aussi le Fondateur des sociétés humaines, et Il les conserve dans l’existence comme Il nous y soutient. Nous Lui devons donc non seulement un culte privé, mais un culte public et social pour L’honorer.

En outre, cette thèse est la négation très claire de l’ordre surnaturel. Elle limite en effet l’action de l’Etat à la seule poursuite de la prospérité publique durant cette vie, qui n’est que la raison prochaine des sociétés publiques ; et elle ne s’occupe en aucune façon, comme lui étant étrangère, de leur raison dernière, qui est la béatitude éternelle proposée à l’homme quand cette vie si courte aura pris fin.

Et pourtant l’ordre présent des choses, qui se déroule dans le temps, se trouvant subordonné à la conquête de ce bien suprême et absolu, non seulement le pouvoir civil ne doit pas faire obstacle à cette conquête, mais il doit encore nous y aider.
Cette thèse bouleverse également l’ordre très sagement établi par Dieu dans le monde, ordre qui exige une harmonieuse concorde entre les deux sociétés. Ces deux sociétés, la société religieuse et la société civile, ont en effet les mêmes sujets, quoique chacune d’elle exerce dans sa sphère propre son autorité sur eux.

Il en résulte forcément qu’il y aura bien des matières dont la connaissance et le jugement sera du ressort de l’une et l’autre. Or, qu’entre l’Etat et l’Eglise l’accord vienne à disparaître, et de ces matières communes pulluleront facilement les germes de différends, qui deviendront très aigus des deux côtés ; la notion du vrai en sera troublée et les âmes remplies d’une grande anxiété.

Enfin, cette thèse inflige de graves dommages à la société civile elle-même, car elle ne peut pas prospérer ni durer longtemps lorsqu’on n’y fait point sa place à la religion, qui est pour l’homme une règle suprême et souveraine maîtresse pour protéger inviolablement ses droits et ses devoirs.

Pape Saint Pie X – Encyclique Vehementer nos – 11 février 1906

Source : http://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/11/01/la-separation-de-leglise-et-de-letat-une-tres-grave-erreur/

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